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| Micheline Calmy-Rey |
Le Conseil national reconnaît le génocide arménien
Postulat accepté malgré l'opposition de Micheline Calmy-Rey - Réactions positives des défenseurs des droits humains Berne (AP) A l'instar de 13 autres parlements dans le monde, le Conseil national reconnaît le génocide arménien de 1915. Il a adopté mardi un postulat en ce sens et demande au Conseil fédéral d'en prendre acte et de transmettre sa position à la Turquie «par les voies diplomatiques usuelles». Par la voix de Micheline Calmy-Rey, le Conseil fédéral s'est vainement opposé à ce postulat.
Déposé en mars 2002 par l'ancien conseiller national Jean-Claude Vaudroz (PDC/GE), ce postulat a été repris par Dominique de Buman (PDC/FR). Il a été accepté par 107 voix contre 67 et 11 abstentions.
La reconnaissance du génocide arménien avait déjà été à l'ordre du jour lors de session à Lugano en mars 2001. Un postulat de Josef Zisyadis (PdT/VD) avait été repoussé par 73 voix contre 70. Il demandait au gouvernement de reconnaître le génocide arménien, ce qui avait gêné plusieurs parlementaires. En revanche, le postulat Vaudroz invite le Conseil national, et non plus l'Exécutif, à accomplir ce geste. Pas un exercice solitaire La Suisse ne se livre pas à un exercice solitaire, a souligné Claude Ruey (Lib/VD). Treize parlements nationaux ont déjà reconnu les crimes commis entre 1915 et 1918 contre les Arméniens de l'Empire ottoman: il s'agit des parlements de la France, de Russie, d'Italie, du Canada, de Suède, de Grèce, de Belgique, d'Uruguay, de Chypre, d'Argentine, de l'Arménie et du Liban, ainsi que le Parlement européen.
Du côté des opposants, Johann Niklaus Schneider-Ammann (PRD/BE) a argumenté que l'adoption de ce postulat ne ferait que détériorer les relations entre les deux pays, soulignant que la Turquie était un important partenaire commercial de la Suisse.
La Turquie n'a pas rompu ses relations diplomatiques et commerciales avec les pays qui ont reconnu le génocide arménien. "Le temps de l'émotion passé, il n'y a aucune raison pour qu'il n'en aille pas de même pour la Suisse", a estimé Jean-Claude Rennwald (PS/JU). «L'Empire ottoman n'est pas la Turquie d'aujourd'hui, et je crois qu'on ne doit pas mélanger des intérêts matériels actuels avec la reconnaissance de valeurs morales qui restent, elles, éternelles», a relevé pour sa part Dominique de Buman. Vains arguments de Micheline Calmy-Rey La politique du Conseil fédéral met l'accent sur le dialogue politique régulier avec la Turquie et vise à un équilibre durable dans le Caucase, en particulier à des relations apaisées entre la Turquie et l'Arménie, a déclaré la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. Il s'est avéré que la question arménienne peut être discutée assez ouvertement en Turquie. «En revanche, les déclarations politiques émanant de l'étranger n'ont pas l'effet souhaité». L'adoption de ce postulat aurait pour effet de renforcer la Turquie dans son attitude défensive. «Peu de temps après l'adoption d'un postulat sur le génocide arménien par le Grand conseil vaudois en septembre 2003, la Turquie a reporté le voyage que je devais y effectuer», a rappelé la ministre des affaires étrangères. L'acceptation de ce postulat pourrait donc ajouter encore à la charge émotionnelle qui pèse sur la question arménienne. «Le fait que le postulat est formulé de telle façon que la reconnaissance est parlementaire ne change rien au fait qu'une décision du Conseil national sera très largement interprétée comme une décision de la Suisse», a vainement argumenté Micheline Calmy-Rey. Réactions positives "Avec cette reconnaissance, la Suisse confirme son adhésion à la Convention internationale des Nations Unies sur la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 et apporte une contribution importante à la prévention d'autres crimes contre l'humanité», ont salué dans un communiqué commun la Société pour les peuples menacés et l'association Suisse-Arménie. C'est "un si
gne clair, un signe de justice pour les victimes du génocide et pour leurs descendants". "Désormais, par cette reconnaissance, il sera difficilement possible de nier, de minimiser grossièrement ou de justifier impunément le génocide des Arméniens", ont encore relevé les deux associations. Elles ont rappelé que, récemment, un juge bernois avait acquitté les représentants d'associations turques car ils prétendaient ne rien savoir de la réalité de ce génocide. AP mt/pc © AP - The Associated Press. Tous droits réservés.
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