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Un coup militaro-présidentiel 01/07/2003
 A. N. Sezer
Un coup militaro-présidentiel aux récentes réformes européennes

Soumis au diktat des généraux turcs, le président Ahmet Necdet Sezer a opposé son veto le 30 juin à une réforme clé visant à aligner la Turquie sur les normes de l'Union européenne.

Cette réforme abolissait l'article 8 de la loi sur la "propagation du séparatisme", une disposition largement utilisée pour emprisonner des écrivains et des intellectuels se faisant l'avocat des droits des Kurdes.
Dans une déclaration écrite, M. Sezer a souligné que cette initiative pouvait représenter "des risques de sécurité pour la Turquie. "Il y a une forte possibilité que la suppression de cet article puisse engendrer des risques importants pour l'existence de la République turque et l'unité indivisible de l'Etat", a-t-il affirmé.

Le président de la République ne dispose que d'un seul droit de veto. Si le Parlement approuve une seconde fois le texte qui a fait l'objet d'un veto, sans y apporter de changements, M. Sezer devra l'approuver. Mais il aura encore le droit de demander à la cour constitutionnelle de l'annuler.

Cette abolition de l'article 8 de la loi antiterroriste avait été vue d'un mauvais oeil par l'armée turque car elle aurait pu, selon les militaires, favoriser les "séparatistes kurdes" et les "islamistes", nuisant ainsi à la lutte contre le "terrorisme".

Cette réforme faisait partie d'un train de mesures adopté par le Parlement turc le 19 juin pour faciliter l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Ces mesures élargissaient notamment la liberté d'expression et les droits culturels du peuple kurde.

La Commission européenne s'était félicitée de l'adoption de ces réformes qui démontraient, selon elle, "la détermination de la Turquie à aller de l'avant".
Toutefois, le Conseil de la sûreté nationale (MGK), dominé par des militaires, avait déclaré le 26 juin que la Turquie ne peut remplir ses obligations relatives à l'adhésion à l'Union européenne que dans un cadre "compatible avec les principes de la république turque." Ces principes avaient été imposés par l'Armée turque après le coup d'état de 1980.

Le 2 juin, le chef d'état-major de l'armée turque, le général Hilmi Ozkok, avait accusé l'Union européenne "de tolérer et de soutenir les séparatistes kurdes".

 R. Buttiglione
Les dirigeants de l'UE doivent décider en décembre 2004 si la Turquie a rempli les conditions nécessaires à l'ouverture de négociations sur son adhésion à l'Union.
Dans une autre initiative afin de satisfaire l'Europe, le ministère de l'Intérieur a proposé le 27 juin une amnistie cosmétique aux militants kurdes s'ils acceptent de se repentir et de donner des renseignements "utiles" relatifs à leur organisation. Les dirigeants kurdes, notamment le leader du KADEK (PKK) Abdullah Öcalan, toujours en prison, sont exclus de toute offre d'amnistie.

L'offre du gouvernement, la huitième du genre, a été dénoncée par Tuncer Bakirhan, le dirigeant du Parti démocratique du peuple (DEHAP), le principal parti pro-kurde en Turquie, qui réclame une amnistie générale. "Si on souhaite vraiment résoudre la question kurde et devenir un pays démocratique qui s'efforce de rejoindre l'Union européenne, alors il faut abandonner les pratiques inutiles du passé et prendre en compte les revendications du peuple", a-t-il dit.

Un haut dirigeant du KADEK a récemment menacé de reprendre la lutte armée en Turquie, critiquant la portée des mesures d'amnistie proposées par le gouvernement. "Le projet (d'aministie) impose la repentance. Il dit: 'nous vous annihilerons si vous ne vous rendez pas et ne fournissez pas d'informations'", estime Murat Karayilan, commandant de premier plan au sein de l'organisation, d'après un article publié le 30 juin sur le site Internet du quotidien Ozgur Politika.

"Si le gouvernement turc insiste sur l'annihilation et le reniement, nous n'aurons plus qu'une seule option. Et c'est une guerre pour l'honneur", a ajouté Murat Karayilan. "Une nouvelle guerre ne sera pas comme l'ancienne. Si la guerre débute, la vie économique, politique et sociale sera paralysée", a-t-il averti.

Finalement, le ministre italien des Affaires européennes Rocco Buttiglione a déclaré le 30 juin que "la Turquie n'est pas prête d'entrer dans l'Union européenne parce qu'elle n'est pas une démocratie. La Turquie n'est pas une démocratie car l'armée y exerce une tutelle."

Cette déclaration au journal autrichien Die Presse intervient la veille de l'accession pour six mois de l'Italie à la présidence tournante de l'UE.
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