Paul Wolfowitz, le super faucon du Pentagone. Retour à la page d'accueilPlan du siteLiens
 

Accueil
News, Infos, Agenda

 

Actualités

 

News

 

La Lettre de l'ADL

 

Agenda, activités, culture

 

Infos Europe, Turquie

 

Infos d'Arménie

 

Documents

 

Questions/réponses
La Cause Arménienne

 

Communiqués

 

Infos

 

Le Mouvement Arménophile

 

Le Génocide

 

Le Négationnisme

 

Archives

 

Petitions
Histoire

 

Les racines

 

Contemporaine
Liens
Contacts

 

Sections

 

Bureau

 

Couriel des Internautes
RECHERCHE
Paul Wolfowitz, le super faucon du Pentagone. 04/12/2002
 D. Bromberger, © radio france
Dominique BROMBERGER
 
"Regard sur le Monde"
 
Chronique du 4 Décembre 2002

France Inter

 Paul Wolfowitz
Paul Wolfowitz, celui que l'on a surnommé le super faucon du Pentagone, était de passage hier à Ankara. Il cherchait à obtenir l'accord de la Turquie pour servir de base à l'attaque que son pays entend, peut-être, mener contre le régime de Bagdad. Au même moment, l'ambassadeur turc à Bruxelles faisait savoir que si aucune date n'était fixée pour l'ouverture de négociations sur l'entrée de sa nation dans l'Union Européenne, celui-ci n'aiderait pas le moins du monde à régler la questoin de Chypre, cette île divisée entre Turcs et Grecs.

Rien autant que les évènements de cette journée du mardi 3 décembre ne pouvait souligner à quel point la Turquie intéresse et soucie à la fois les Etats-Unis et l'Europe. Paul Wolfowitz, avec la brutalité dont il est coutumier, avait, du reste, souligné lors d'une étape à Londres, la façon dont l'administration américaine voir les relations entre Bruxelles et Ankara. Le Secrétaire d'état Adjoint à la Défense, numéro 2 du Pentagone, avait déclaré que le fait d'exclure la Turquie de l'Union Européenne était impensable. Et il avait affirmé que cette dernière avait le devoir d'aider une nation qui pourrait se présenter en modèle au monde islamique.

On voit bien que les préoccupations de Washington et de Bruxelles sont fondamentalement différentes. Pour les 15, la question est de savoir si la Turquie fait vraiment partie des leurs. Pour les Etats-Unis, il s'agit surtout de renforcer le rôle stratégique que peut jouer ce pays situé à la charnière de l'Europe et de l'Asie, des Balkans et du Proche Orient.
Sans compter que, dans le moment, sa position charnière en fait un allié indispensable. Selon des fuites distillées dans la presse américaine, les autorités de Washington envisageraient de stationner 100.000 soldats à la frontière de l'Irak et demanderaient à Ankara, outre l'autorisation d'utiliser ses bases aériennes, de mobiliser 35.000 hommes pour faire la police des réfugiés qui ne manqueraient pas, en cas de conflit, de fuir les zones de combat.

Au delà du cas du régime de Saddam Hussein, la Turquie est indispensable au grand projet d'un certain nombre d'idéologues, parmi lesquels Wolfowitz qui rêvent de redessiner les frontières du Moyen-Orient.

L'Europe ne peut pas échapper totalement à ce rêve sur le rôle que pourrait jouer cette nation vis-à-vis du monde islamique. Les deux principaux arguments des partisans de son entrée dans l'Union Européenne sont les suivants : cela fait bientôt 40 ans que l'on promet à ce pays qu'il serait des nôtres. Nous ne pouvons pas revenir sur notre parole. Et puis : la Turquie représente un lien idéal entre nous et le monde arabo-islamique. Les adversaires, quant à eux, préfèrent parler de géographie et d'histoire. Il est indiscutable que ce pays n'a aucune infime partie de son territoire en Europe. Il est tout aussi évident que le peuple turc, de son arrivée tardive sur les bords de la méditerranée jusqu'au début du 20ème siècle s'est comporté en ennemi de notre civilisation. Il l'a détruite dans les Balkans pour la remplacer par la sienne. Sa conversion à la démocratie, autrement dit aux institutions de notre continent, est un phénomène louable mais très récent et qui est loin d'être achevé.

Les arguments, ceux des Américains et ceux des Européens qui les suivent d'un côté, ceux d'une faction différente de l'opinion de notre continent, de l'autre sont sans doute, chacun à sa manière, légitimes. Mais ils sont radicalement inconciliables. Les uns font appel aux besoins de l'actualité, les autres, on l'a vu, à l'histoire et à la géographie. Chacun se situera dans ce débat en fonction de la conscience qu'il a ou non d'appartenir à une certaine civilisation...
retour ...